Avec le temps grisé
Sans hâte, le navire glisse
Sur les vagues enlacées
Et sous le ciel lisse
*
Encore ce matin, le ciel persiste à revêtir son manteau
molletonné gris. Le vent agite les vêtements des passagers en promenade sur le
pont extérieur du niveau 7. Quelques traces d’eau indiquent les averses de la
dernière soirée. Les gens s’agitent au petit-déjeuner afin d’aller au plus vite
aux diverses occupations proposées par le navire. Peu de personnes prennent le
temps de savourer le moment présent.
Pendant le repas, un vieux monsieur avachi sur la chaise,
offrant au regard son ventre bien rebondi, parle fort à deux dames attablées à
une autre table. Coiffé d’un sale et usé chapeau de tissu grisâtre, frappé du
nom de la ville d’Aruba, il drague sans ménagement avec ses boniments les deux
demoiselles. Il parle comme un marin vieilli accoudé dans un bar dans un
quelconque troquet malfamé des Caraïbes, un cliché à lui seul.
Vers les deux heures de l’après-midi, les nuages daignent à
s’écarteler afin de laisser quelques rayons solaires illuminer le pont
promenade. Pendant la balade, nous profitons de la lumière qui frappe nos
visages. Le vent insiste et vient nous fouetter par intermittence. L’horizon
présente une couette grise moutonnée troué d’azur par endroit. Un peu plus de
personnes nous rejoignent pendant cet exercice quotidien d’entretien de la
forme physique.
Quand le soleil vient rejoindre l’horizon, le ciel se dégage
complètement. L’azur efface les nuées grises laissant au lointain quelques
traces étirées du passage de ses nuages. La mer se calme et le bleu marine rend
uniforme la surface des vagues légères ondulant sous les caprices du vent.
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